15 septembre 2009

Adolescences réinterprétées

Un coup de gueule à partir d'un article de “psychologie” à lire ici. Mais c'est aussi un coup de gueule contre le comportement de la plupart des adultes face à l'adolescence (mes parents en premier). Lisez, lisez, ce n'est pas très long, et explorer jusqu'à la rubrique "Comportement social" vous donnera une petite idée de la chose.

Vous ne remarquez pas un truc ? On y parle de l'adolescence comme d'une maladie grave, voire d'une mort lente. Comme si on se trimballait tous avec des pustules en fait d'acné, comme si on était des malades mentaux, égoïstes, narcissiques, sales, dictateurs... je n'invente rien ! Et ils y vont de leur C'est très difficile, je sais, je te comprends ma petite, mais quand même, avoir des relations sexuelles à ton âge... Tu t'es protégée au moins (on dit ça aux filles) ?, Tu as beaucoup d'imagination, super, maintenant bosse, L'inconscient se manifeste durant cette période de façon parfois brutale avec des ondes sismiques dans le cerveau qui provoquent des troubles cardio-pathologico-sulfuro-vaseux, L'adolescence est la dernière chance d'aborder les conflits de l'enfance et de les résoudre de manière spontanée. Si ces mêmes conflits survenaient par la suite, ce serait du domaine du pathologique (sic)...

Mais MERDE ! Arrêtez ! Arrêtez de prendre l'adolescence comme une maladie grave, comme une période difficile où on a besoin de « s'affirmer », ne lisez plus les sites qui vous donnent des solutions miracles pour « gérer votre ado », arrêtez ! C'est du grand n'importe quoi ! Fichez nous la paix, on est ados, vivez avec, un point c'est tout, that's life, hasta la vista ! Et on n'a pas besoin de vos analyses vagues et incompréhensibles, on n'a pas besoin de votre psychologie et de vos dossiers classés dans étagères poussiéreuses pour traiter notre cas d'adolescentite aigüe ! On est encore jeunes, on en profite pour déconner, et après, ne vous inquiétez pas, on rentrera dans vos normes et vos papiers bancaires et vos déclarations de revenus.

Je vous vois venir, parents déboussolés, vous allez trouver cela scandaleux, réagir comme ma famille — car après tout les adultes raisonnent à peu près de la même façon concernant les enfants — disant que c'est n'importe quoi, que bien sûr que non vous n'avez jamais pensé des choses pareilles... Mes chers amis, vous me faites rigoler. Remettez vous un peu en question, ne serait ce que quelques secondes.

Bon. D'accord, je nuance. Je n'ignore pas que certains de mes congénères, quoique plus âgés, boivent trop, fument trop, ou sombrent dans la délinquance (je sais, ça fait cliché, mais c'est la triste réalité) pour noyer leurs soucis de créatures en mal d'existence (je me sens lyrique). C'est vrai que pour eux, l'adolescence n'est pas une renaissance. Pour eux, adolescence égale Puberté plus Je-suis-dans-le-caca plus Vous-pouvez-pâââââs-comprendre multiplié par Allez-vous-faire-foutre-laissez-moi-boire-ma-vodka-peinard.
Alors pour eux, eh bien, que dire ? , je comprends le stress, l'angoisse des parents. Mais ce ne sont pas les articles comme ceux du dernier dossier de l'Express qui vont résoudre le problème (un des pires fléaux ? Le « langage d'jeuns » qui souille notre belle langue française, qui n'invente rien, qui est tout sauf poétique, qui est grossière).
Chers adultes... si vous saviez, si seulement vous vous souveniez quelques secondes...

Et en attendant, j'écoute du metal (c'est vrai, en plus). Encore un truc qui va passer. Ça va avec la crise d'ado, qu'ils disent.

Il y a des adultes qui n'ont jamais été des enfants. Jacques Prévert.

2 commentaires:

  1. Il y a des adultes qui n'ont jamais été des enfants. Jacques Prévert.”

    Il y a des adultes qui restent toujours des enfants. Moi. :) Ah, citations, citations... Il fallait un jour créer le monde qui marche selon les citations. Aussi stupide. On pourrait s'est bien marrer... :)

    “Chers Adultes... si vous saviez, si seulement vous vous souveniez quelques secondes...”

    Pas de problème, petite, on n'est pas encore complètement sclérosé. Alors, apparemment c'était le monde, dans toutes ses dimensions, plutôt que nous, qui était très différent avant, beaucoup plus “normal”, traditionnel encore (bien que déjà en transformation profonde hors de cette normalité). Et c'est ça donc qui fait la différence très essentielle pour l'interaction entre générations et surtout la vie de jeunes générations d'aujourd'hui: quand le monde change aussi vite et aussi fortement, l'expérience des générations précédentes perd son importance habituelle (ce qui ne les empêche pas de vouloir préserver leur autorité, parfois davantage même!), tandis que les jeunes générations - mais en effet personne! - ne savent plus “comment il faut vivre”, selon quelles valeurs, objectifs, etc. L'inertie du système marche un peu, mais la confusion grandit: c'est bien la liberté totale et on découvre qu'on n'y est pas prêt, pas vraiment.

    Voilà la situation actuelle et c'est plutôt elle qui est objectivement très spécifique, peut-être même unique, par rapport à tout ce qui était avant. Les ados qui demandent “plus des droits”, de liberté, etc.? Mais voilà que vous, votre jeune génération actuelle va avoir, exceptionnellement, même trop de liberté, sans bonnes recettes du passé de ce qu'il faut faire avec. Et même si finalement vous allez vous plaindre et vouloir de l'aide de ces mêmes adultes “autoritaires”, ce ne sera pas possible, car eux ils le savent et comprennent ce nouveau monde encore moins que vous! (Toutes ces conneries traditionnelles dans la presse de masse ne le font que confirmer, ainsi que plusieurs autres impasses et confusions qui s'accumulent partout en temps réel.) Tout est donc entre vos petites mains, comme vous l'avez voulu! Et vous ne pouvez même pas le refuser et revenir en arrière. Comme ça, la situation est en réalité opposée par rapport au conflit traditionnel entre les jeunes et les adultes: maintenant c'est vous les vrais chefs, malgré vous, et tout dépendra de vous, vos actions, attitudes, progrès réel (il en faut beaucoup!), tandis que les pauvres vieux papa et maman dépendront eux aussi de vos résultats, car en majorité ils sont déjà “hors jeu” (sauf exceptions, voir ma citation anti-Prévert)...

    Ça va, Magic, hard métal et questions philosophiques ce n'est pas si mal pour commencer :) (ça me rappelle quelque chose en effet - je fais le même!), mais il faudra beaucoup plus que cela, quelque chose comme les bonnes réponses très pratiques - et forcement nouvelles - à toutes ces questions difficiles... Une Mam'zelle Magic doit devenir vraiment magique, entrer dans une autre réalité, créer un monde nouveau, le structurer et progresser bien au-delà, toujours au-delà de ce qui est (contrairement à ses anticipations banales actuelles)... On va encore se souvenir de ces pseudo-contradictions traditionnelles avec beaucoup de nostalgie... Et très bientôt, car la nouvelle vie commence ici et maintenant, sans préparation. C'est pour ça que certains jeunes “déconnent” déjà un peu trop, jusqu'à l'autodestruction “inexplicable”... C'est bien “la crise”, mais infiniment plus grande que celle d'adolescence personnelle: c'est l'humanité toute entière qui doit maintenant sortir de son enfance prolongée et elle commence apparemment en grande peine, comme le pire des ados...

    Have a magic time. Et n'oubliez pas de partager votre expérience avec nous, Mademoiselle Magique.

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  2. Il y a des adultes qui n'ont jamais été des enfants, mais il y en a aussi qui restent toujours des enfants, si je résume ;-) ? Personnellement j'aime bien les citations, ça m'aide à réfléchir. Mais fort heureusement, nous ne vivons pas dans un monde qui marche avec les citations. Ce sont plutôt les citations qui constatent (et ne font que constater, souvent) ce que le monde est, non ?

    Vous avez sans doute raison.
    L'adolescence n'est pas si simple que ça, c'est vrai. Ce que vous dites est justement ce qui est compliqué dans l'adolescence, beaucoup plus que ce que je sous-entendais dans mon article, c'est-à-dire puberté et compagnie, tout ce qui est d'ordre matériel. On sent, même sans réellement y penser, qu'après, bientôt, ce sera à nous, les ados. C'est peut-être pour ça qu'on devient insupportables, aussi. On a besoin de hurler vainement sur un futur de grandes responsabilités. et effectivement, plus la peine de crier qu'on a pas assez de liberté.

    En attendant ce futur, qui cependant est peut-être déjà demain jeudi 17, merci pour votre intéressant commentaire ; j'ai bien rigolé... And have a nice day too !

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