11 novembre 2010

L'ado est le seul animal qui peut chanter les pieds dans la merde

Alors c'est cela qu'ils veulent. Qu'on soit sages. Qu'on ne dise rien, qu'on supporte leurs sarcasmes et leur humour douteux, qu'on leur obéisse, au doigt et à l'œil, qu'on la ferme et qu'on ne vienne pas se mêler de leurs « histoires d'adultes ». Mais apprendre des choses avec eux, jamais. Les profs de mon collège ne considèrent pas qu'ils sont là pour enseigner, transmettre un savoir, mais pour faire la police. Police qui, avec les élèves qu'ils ont, est plutôt inutile. Mais quand même, ils s'imaginent être obligés de "faire régner l'ordre" à tout prix. Ils se créent eux-mêmes leurs problèmes. Ça me fait toujours rire quand notre prof de maths nous engueule pour une connerie et après ose lancer : « bonjour l'ambiance !». Je hais ce collège. Je sais bien que j'ai une chance énorme d'être en CHAM, d'aller à l'école, même. Mais c'est pas une raison. Quand je me lève le matin, je ne me suis jamais dit « chouette, je vais avoir cours d'anglais», alors que j'adore cette langue. Ce n'est pas l'anglais, c'est la prof. Idem en maths, en histoire-géo, en allemand, en physique, en SVT. Je hais cette ambiance coincée du cul, ces obligations absurdes et cette principale mégalo, cette CPE niaise et bornée, à cheval sur les principes et le sacro-saint règlement intérieur. Que personne n'a jamais lu parce qu'il va de soi qu'on n'a pas le droit de tuer ses profs.
Je hais l'école. Il serait si facile d'échapper aux tortures du mercredi, jour célèbre dans ma classe pour combiner les matières les plus délicieuses. Il serait tellement simple de remplir soi-même le petit billet rose, et dire le jeudi matin, avec un air torturé, à la CPE, désolée, j'avais un mal de ventre effrayant, mais là ça va mieux. J'aimerais partir me balader n'importe où dans Paris, avec mon violon, jouer dans la rue. Keep your coins, I just want to change. Ne jamais revenir chez moi. Il faudrait pouvoir faire ça, à un moment de sa vie. Dire que tchao, la barbe, je me casse, et échapper quelques jours au sinistre spectre de l'«âge des responsabilités». Non, je ne suis pas responsable. Je n'ai rien à foutre de ce que je vais faire de ma vie. Je deviendrai fossoyeur. Voilà ce que je dirai à la conseillère d'orientation «psychologue». Hier était un bon jour pour partir. Mais je ne l'ai pas fait. Je ne sais pas pourquoi. Ce que je sais, c'est que si je n'avais réellement rien à faire de mon avenir, je ne serais pas allée manifester pour les retraites. Et je me serais déjà cassée depuis longtemps. Punks are dead.

4 commentaires:

  1. Je partage ton état d'esprit. Les profs dans mon collège, j'ai de la chance, ils sont super sympa. Ils font la police pour une classe qui a énormément besoin qu'on leur face la police mais ils sont sympas avec les gens qui les respectent. Mais moi, il y a autre chose qui me tracasse. Se sont les élèves. Je ne peux plus les supporter, nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d'onde eux et moi. Je ne les comprend pas, ils ne me comprennent pas, je suis à l'écart. Les profs font tout pour que je me sente accepté dans cette classe, et je les remercie vraiment. Je suis dans une classe où il n'y a aucune ambiance de travail, je fais parti des rares élèves dans la classe à avoir envie de bosser. Je ne les comprend vraiment pas, eux qui ne foutent rien, eux qui s'en foutent de leur avenir. Et les profs nous parlent de notre avenir justement, de notre "orientation". Ils ne nous lâchent pas là dessus. Lycées professionnels, apprentissages, ils parlent des filières et moi, cela ne me parle pas du tout. Putain, je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie, mais je veux écrire, écrire, ou dessiner, je veux rentrer dans une école de dessin, ou passer un bac L je ne sais pas, mais je veux devenir écrivain, et je m'en fout si je gagne que dalle, je veux écrire, car moi c'est ça que j'aime, écrire, créer, dessiner, je veux être artiste et je m'en fout vraiment de leur truc de merde de filière d'apprentissage ou de lycée professionnel ou je ne sais quoi ! Encore un truc qui me mets à l'écart de ma classe et j'en ai marre. J'aimerais tout foutre en l'air, ne plus jamais aller à l'école car je hais l'école, je suis tout à fait d'accord avec toi Esther ! La vie c'est de la merde, c'est pas fait pour les gens différents et c'est injuste. Si seulement tout était plus simple, si seulement la vie n'était pas aussi compliqué, ça changerais tout, ça changerais beaucoup de choses...

    Partir, je n'en aurais jamais le courage. Et puis j'aime ma famille. Je l'adore. Ma mère est super, alors pourquoi partir ?
    Sécher les cours je n'en serais pas capable du tout, même si j'aimerais, des fois. Mais c'est totalement impossible bien sûr. Je suis une assez bonne élèves, même si je n'arrive pas des fois à travailler, même si le travail c'est de la merde, même si bosser c'est de la merde, j'ai envie de réussir ma vie. Mais franchement, des fois, j'aimerais tout abandonner, tout recommencer à zéro, car c'est tellement si compliqué la vie...

    Voilà, je me suis défoulé, ça fait du bien, ça fait vachement du bien de se défouler comme ça, j'espère que tu m'en veux pas trop ;-) J'aimerais me défouler comme ça sur mon blog mais il y a tant de gens que je connais qui le lise et j'ai pas envie qu'ils sachent mes problèmes. Mais bon, je me défoule quand même un peu.

    J'aimerais tant te rencontrer... tu veux bien ?
    Allez salut, et on courage avec tes profs :)

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  2. Je vois aussi ce que tu veux dire par rapport aux élèves. J'ai vécu la même chose en 6e et 5e. Quoique, j'arrivais à trouver de la, euh, distraction, dans leurs conneries.
    L'idéal, effectivement, serait de devenir artiste. Je ne connais absolument pas le milieu des arts plastiques, mais la musique est tellement basée sur la concurrence, le niveau, les pistons, alors qu'en fait il s'agit seulement d'expression, que ça me dégoûte encore plus des institutions. J'échapperai aux conservatoires supérieurs, j'en fais le serment. S'il faut faire mes preuves, bosser comme une malade, je le ferai. Mais par pitié, qu'on arrête d'imposer des trucs aussi terre-à-terre que la place d'une cadence parfaite dans un morceau pour un truc qui ne veut que traduire les sentiments humains.

    Moi aussi j'adore ma mère, avec mon père c'est un peu plus difficile, mais je veux partir parce que tous les soirs, quand je rentre de l'orchestre, de la chorale ou de mon cours de violon, je sais que je n'ai pas envie de les retrouver parce qu'ils signifient Responsabilités, Engueulades et Contraintes arbitraires. Je veux partir parce que j'en ai assez de cette routine de merde, que je veux changer. Mais, bien sûr, ça ne veut pas dire que je déteste mes parents, ou quelque chose du genre. Pas encore du moins, heureusement.

    Je suis au contraire très heureuse que mon blog serve de défouloir pour les révoltés qui souhaitent rester anonymes ;-)

    2 ou 3 critiques à faire pour la dévoreuse... faut que je m'y mette !
    Pour le reste, je t'enverrai un mail. :-)

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  3. Je suis en train de finir "Les piliers de la Terre" de Ken Folett. C'est tout simplement extraordinaire ce bouquin !!! Il est énorme,1050 pages, et c'est tant mieux car il est magnifique, tout simplement magnifique. C'est incroyable, à lire tout de suite et immédiatement !!! J'espère faire une critique prochainement car j'ai bientôt fini le livre ! :) Et puis, il y a un deuxième tome :D

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  4. Coucou ma belle!

    un petit mot pour te dire que tu pourras squatter chez nous quelques temps si un jour tu devais vraiment faire ta valoche.
    n'en veux pas trop aux adultes quand même, ils font pour la plupart ce qu'ils peuvent entre ce qu'on leur demande d'être et les restes de leurs rêves de gosses.
    ;o)
    Je t'embrasse
    Rachel

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