10 février 2010

Big Hortefeux vous regarde

Longtemps que je n'avais pas parlé d'actu politique, tiens...
Pour changer des suppressions de postes du côté de l'EN et de la santé, du chômage, des SDF qui crèvent de froid et de d'habitude, notre très cher ministre de l'Intérieur a fait encore des sorties sur la délinquance. On tient décidément à nous faire croire que nous vivons dans un monde complètement insécure et mortellement dangereux (ce qui est vrai par bien des côtés, et qu'on ne règlera pas en remplissant des cars entiers de délinquants potentiels pour des centres de rééducation). Je suppose que ça donne au gouvernement des occasions de faire des discours pour nous rassurer et montrer qu'on a toujours Papa Sarko qui veille sur nous (en chassant le gibier dans sa forêt, si, si !). C'est fou, quand même, il infantilise son gosse de 23 ans qui a déjà une carrière facile et toute tracée, mais en plus, il ose nous infantiliser nous, citoyens pleins de bon sens et de libre-arbitre (hum, hum). Z'avez vu, hein, ça donne des arguments, de faire la Révolution française en histoire...

mi Enfin, toujours est-il qu'Hortefeux s'est mis en tête de renforcer les peines envers les mineurs (principaux agresseurs de mémés sans défense), pensant sans doute que les électeurs de l'UMP aux régionales se sentiraient plus rassurés (et peut-être même que ça a marché). GÉ-NIAL. Alors maintenant, après Edwige, les deux programmes de fichage et Hadopi, ouvrons le dossier délinquance précoce. On monte progressivement vers le flicage continu des ados "racailles". Racailles, c'est-à-dire qui parlent verlan, qui mettent leur casquette à l'envers et qui sont musulmans/noirs/asiatiques, et aussi turques parce que faites gaffe, ceux-là risquent en plus de nous envahir pour rentrer dans l'Union Européenne. Qui vivent en banlieue, aussi. Non mais j'y crois pas ! La fille de 14 ans qui a été arrêtée parce qu'elle s'était battue, vous vous rendez compte ? Imaginez le nombre de gosses qu'ils arrêteraient dans une cour de collège ! Ah oui, mais c'est vrai, j'oublie qu'il y a les « équipes mobiles » pour aborder les élèves sur le plan de la psychologie, avec tact et douceur. Enfin bon, je ne m'éterniserai pas là-dessus, c'est totalement aberrant, ça veut dire qu'on va bientôt vivre dans 1984 et que j'en ai PLUS QUE MARRE de Sarko & Cie. Je n'en peux plus. Alors vivement 2012, qu'on soit fixés. S'il est réélu, je m'en fous, je quitte la France et je vais à Londres, ou à Berlin (pour cause rock (y'a des groupes sympas) et d'Harry Potter). Toute seule. Même si Brown et Merkel ne sont pas beaucoup mieux. Ce sera toujours plus potable que Sarkozy.

5 février 2010

Les vies communes du métro

Dans le métro, il y a ceux qui parlent tout seuls. Il y a ceux qui consultent leur reflet dans la vitre, rajustent leur col, leurs idées, ou refont leurs lacets. Il y a ceux, perpétuellement en survêtement, même quand ils vont passer leur oral de bac. Il y a ceux qui écoutent leur musique à fond dans leur iPod. Et ceux qui leur jettent des regards agacés (ah, les jeunes d'aujourd'hui !).

Ceux qui ont l'air aussi joyeux que s'ils se rendaient à un enterrement (en l'occurrence ouvert par la traditionnelle cérémonie du "vous êtes encore en retard" dans leurs bureaux respectifs). Ceux qui insultent la vie à voix haute. Ceux qui gardent leurs soucis dans la tête.

Ceux qui mangent leur sandwich à grand bruit. Ceux qui écoutent leur musique en bougeant la tête, ou en tapant des pieds, ou en frappant le rythme sur leurs genoux. Ceux qui chantonnent carrément pendant qu'ils écoutent Alain Souchon ("...comment tu m'as fait chuis pas beaaaau...").

Ceux qui révisent in extremis leurs cours pendant les trois stations qu'il leur reste. Ceux qui discutent super fort de choses gênantes. Ceux qui parlent du dernier machin Apple qui est sorti. Ceux qui se ruent à Châtelet sur les escalators. Ceux qui se répandent en remerciements quand on leur tient la porte. Ceux qui écrivent des bêtises sur les pubs. Ceux qui les photographient. Ceux qui parlent du dernier Marc Lévy.

Les profs qui parlent de leur boulot de prof (et qui ne peuvent pas s'empêcher d'en parler), leurs problèmes avec la CPE, la 2nde 3 qui décidément ne fiche rien, les suppressions de postes, le programme qu'ils n'arriveront jamais à boucler avant la fin de l'année, le rapport qualité-prix de plus en plus déplorable en ce qui concerne la cantine, et Simon qui ne fait jamais ses exercices, et vraiment, on ne sait pas quoi en faire.

Il y a aussi ceux qui profitent d'avoir 15 stations pour rattraper la nuit qu'ils ont passée à calmer leur bébé de 6 mois. Ceux qui baladent leur guitare en écoutant Jimi Hendrix pour montrer qu'ils sont rockeurs dans l'âme. Ceux qui s'accrochent à leur journal (peu de gens lisent Le Figaro dans le métro, c'est plus Libé, Le Monde, Le Canard ou Courrier International, ou alors Closer ou Voici) comme si leur vie en dépendait. Ceux qui boivent leur thermos de café. Ceux qui ont un casque énorme sur les oreilles, et qui disent que les basses dans ce casque, c'est trop de la balle. Ceux qui s'embrassent. Ceux qui font la manche. Ceux qui discutent de leur prochain voyage en Ouzbékistan.

Ceux qui observent. Ceux qui écrivent. Ceux qui superbement. Ceux qui machinent. Ceux qui vraiment haut. Ceux qui grandissent. Ceux qui lisent jusqu'à la dernière seconde. Ceux qui rient. Ce qui va, ce qui ne va pas. Ceux qui veulent beaucoup mais ne font pas assez. Ceux qui marmonnent. Ceux qui bougent sans cesse. Ceux qui, ceux qui ne pas. Ceux qui viennent, ceux qui repartent, ceux qui descendent tous à République, ceux qui marchent pour aller ailleurs sans très bien savoir où, et ceux qui rêvent de prendre le bus.