23 septembre 2010

Manif 2e édition

La première édition s'était faite coincée entre la CFDT et les Verts alors que j'aurais voulu être avec les profs. Cette fois, c'était mieux : j'étais avec les anarchistes... Slogan le plus élaboré : On n'en veut pas / De cette société-là ! / Les jeunes dans la galère / Les vieux dans la misère ! Sinon, ils clamaient de manière un peu répétitive que l'argent se trouvait dans les caisses du patronat. De Woerth surtout, à mon avis...
Pour moi, la retraite, c'est loin. Et si je deviens musicienne, la retraite deviendra pour moi un concept trèèèès abstrait. Mais ce qui me révolte, c'est qu'on nous manipule, qu'ils veulent les faire travailler jusqu'à ce qu'ils crèvent, surtout dans les métiers ouvriers difficiles. Les mères de famille n'ont pas de « clémence », et ils veulent faire des travailleurs des moutons prêts à servir l'État. Travaille, sers ta patrie et ferme-là, c'est tout ce qu'on nous demande. Marre de cet État où liberté et égalité ne sont plus que de vagues idéaux dans le style 1789.

18 septembre 2010

Les Roms, Napoléon IV et l'Europe

J'espère que c'est le dernier billet (ça doit commencer à vous gonfler, vous aussi) que je poste à ce sujet.
Sarkozy a été remis sa place par l'Europe (même les USA ont mis leur grain de sel dans l'affaire), avec un peu de chance, la France sera sanctionnée, et ils arrêteront de faire les fiers avec leurs expulsions. Quant à Viviane Reding, qui avait comparé la situation à la politique de la 2nde Guerre Mondiale, je trouve qu'elle n'a pas tort. Les Roms, actuellement, en subissent évidemment pas le même sort que les juifs, mais c'est toute cette politique de méfiance, de délation, d'accusations et d'amalgames qui a aidé à arriver à la Shoah.
Entre ces histoires, le dossier (ultra) sécuritaire de l'été et l'affaire Bettencourt, Sarko va de plus en plus mal, et on ne va pas s'en plaindre. Le problème, c'est qu'au-delà du roi, il y a les sujets qui, eux, par contre, me font presque déprimer.

Sinon, dernière recrue parmi les cafés parisiens : Les Tontons Zingueurs, Rue J.-P. Timbaud.

14 septembre 2010

Cafés de Paris

J'ai décidé de relever à partir de cette semaine les cafés parisiens aux noms insolites. Derniers en date (une grande partie dans le XIe) :

  • Les Furieux — Rue de la Roquette
  • Le Limonaire — Cité Bergère
  • Objectif Lune — Rue de la Roquette
  • Le Café des Anges — Rue de la Roquette
  • Mémère au piano — Rue Jean-Pierre Timbaud
  • Le Bidule — Rue Faidherbe
  • Le Voltigeur — Rue du Fbg St Antoine
  • L'Assassin — Rue J.-P. Timbaud
  • Le Cannibale — Rue J.-P. Timbaud
  • Le Piano Vache — Rue Laplace
  • Les Fous d'en Face — Rue du Bourg Tibourg
  • N'importe quoi — Rue du Roule
  • Mon Chien Stupide — Rue Boyer
  • L'Antirouille — Rue Moret
  • Les Funambules — Rue Faidherbe
  • Café banal — Boulevard Port-Royal
  • L'Orange Mécanique — Rue J.-P. Timbaud

3 septembre 2010

Formalités de rentrée

La rentrée en troisième, c'est une rentrée de blasés, d'autant que je retrouve tous les élèves de ma classe précédente et que les profs sont quasiment les mêmes. Sauf, notamment, le prof d'histoire-géo, qui est un vrai cas, parle avec l'accent des vieux films français, avec qui on ne va strictement rien foutre parce que sa classe est un total bordel. Et à cause de qui on devra se faire nos cours nous mêmes, je pense, vu qu'il a quand même pris aujourd'hui l'heure entière pour nous expliquer, avec un simplisme hors du commun, la ligne imaginaire de séparation entre les pays du Nord et du Sud, soit les riches et les pauvres.
Sinon, le bla-bla habituel, « alors c'est votre dernière année au collège, hein » (sans blague, compte pas sur nous pour l'oublier, on va pas s'en plaindre) ; « Comme vous le savez, vous avez le brevet à la fin de l'année » (no comment) ; « Alors on va lire le règlement intérieur » (génial, ça fait dix pages) ; « travaillez régulièrement, mais pas dans la souffrance », qu'elle nous a sorti la principale. Ben voyons. C'est là que mes parents me diraient « Vraiment, les profs au collège, je les admire de plus en plus ». Ben oui. Faut bien des contestataires et des contestés, dans la vie.

A part le mauvais esprit, on a eu un cours d'arts plastiques très édifiant, ce matin. Il nous a expliqué qu'en 3e, on allait étudier le XXe siècle et donc qu'on allait surtout s'intéresser aux moyens d'expression, au "de quoi ai-je besoin pour dire ce que j'ai à dire". Et la discussion s'est portée sur deux artistes, qui, eux, pour avoir dit ce qu'ils avaient à dire, l'avaient dit... Le premier, dont j'ai oublié le nom, avait voulu donner au public ce qu'il avait de plus précieux, à savoir son sang. Et dans l'expo vous aviez un serveur très chic qui proposait aux gens de petites saucisses cocktail, fabriquées avec le sang de l'artiste (je suppose qu'on ne vous révélait cet amusant détail qu'à la fin de l'expo). Déjà, ça met mal à l'aise. Il y avait évidemment une réflexion sur l'anthropophagie, et apparemment l'allumé en question était pas mal dans le trip « ceci est mon corps...». Sympathique, j'ai trouvé.
Mais ce qui m'a le plus donné des frissons, c'est le second, Roman Opalka, un maniaque du temps qui passe. Mais quand je dis maniaque, je veux dire que c'est grave. Ce type passe sa vie, depuis 1965 (en 2010 ça fait quand même 45 ans qu'il fait ça) à écrire des lignes de chiffres sur des toiles, en commençant en haut à gauche du cadre, en finissant en bas à droite. 1, 2, 3, 4, 5, des chiffres blancs sur fond noir. Et puis quand, en 72, il est arrivé à 1 million, il a commencé à éclaircir peu à peu le fond, si bien qu'il doit maintenant peindre des nombres à 7 chiffres, blancs sur une toile blanche. Au rythme de 380 nombres par jour. Bon, en soit, vous me direz, tout le monde a le droit de perdre son temps. Mais lui fait ça dans un but : vaincre l'instant unique. Figer le temps sur une toile. Parce comme chacun sait, on ne finira jamais de compter. Donc, même si les nombres sont différents, ce monsieur en restera toujours au même point. Dingue, quand même, d'avoir à ce point la phobie de la vie, de la mort, du temps linéaire. Ah oui, parce qu'aussi, il se photographie, tous les jours, pour suivre l'évolution de ses traits de visage, et il s'enregistre en train de compter. Pour se souvenir.
C'est vrai qu'en tant qu'art, c'est réussi : ça fait réfléchir ; pas pour lui, bien sûr, mais objectivement, ce type est en train de ruiner ce qui lui reste à vivre. Peindre les secondes pour vaincre le temps, cette obsession montre, du moins à mes yeux, qu'au lieu de se morfondre en se répétant qu'on va vieillir et que rien ne sera jamais pareil, que chaque seconde est une perte, que chaque minute nous rapproche de la mort, il vaut mieux bien vivre, profiter de l'existence, parce qu'on ne sait pas ce qu'il y a après.