28 juin 2011

Maiden, chronique sérieuse

[Je ne sais pas comment les gens font pour faire des articles intéressants sur des concerts le lendemain matin, moi ça me prend au moins trois jours, et surtout cette semaine à cause du brevet. Alors désolée du retard.]

Je suis donc allée voir Maiden, avant qu'ils meurent, et avant que Bruce Dickinson ne puisse plus chanter. J'avais été un peu déçue par le dernier album, The Final Frontier, où la voix est fatiguée et les guitares un peu liquéfiées. Mais QUAND MÊME, j'allais voir un groupe légendaire, dont je suis un peu fan, à Bercy (on devait être 8 000), alors que je suis très débutante en matière de concerts de metal, donc j'avais pour devoir envers ma conscience de fermer ma gueule.

On est arrivés juste à l'heure, donc on n'a pas pu être dans la fosse, mais je pense que c'était mieux comme ça, vu qu'en général, c'est là que vont les grands (c'est trop injuste, je mesure moins d'un mètre cinquante). En plus, ça pogotait très beaucoup (pour les francophones, je précise que le pogo est la danse des métalleux, qui consiste essentiellement à se pousser et à se taper dessus, et c'est pittoresque), alors bon. C'était plus marrant à voir d'en haut.
Donc, après avoir attendu au milieu des bouteilles de bières cassées et des chevelus, après avoir cherché des places pendant un bon quart d'heure dans le noir, au son du groupe Rise To Remain (sans boules Quies, ça fait très mal), on en a trouvé à droite de la scène, ce qui fait qu'on ne voyait pas le décor mais pas trop mal les musiciens. Un peu loin, peut-être, ceci-dit, mais on ne peut pas tout avoir.
Rise to Remain, c'est du metalcore qui rappelle Bullet For My Valentine, et ça m'a laissée sceptique, même si c'est le groupe du fiston de Bruce Dickinson (le chanteur). Mais je suppose que comme première partie, on a vu pire.

Après, l'entracte a été drôle, c'est le temps des bières (ouais, moi aussi j'en ai eu une, et il parait que ça coûtait plus cher que le pétrole), des pubs débiles pour les sandwichs de Bercy et les prochains concerts de Bercy (à savoir Britney Spears, Rihanna et George Michael, entre autres. Ces gens ont un sens de l'à-propos qui déchire).
Bon, au bout de trois ou quatre morceaux de hard rock, l'impatience s'est fait sentir, il y a eu des holas, on a essayé de se rappeler la formule qui précise à quelle vitesse peut se propager un mouvement de foule, après ils ont passé un morceau de Maiden pendant qu'ils finissaient de tester les micros, parce que sinon ça allait être le carnage.

Et puis, enfin, le meilleur groupe du monde est entré sur l'assez prévisible The Final Frontier, de l'album éponyme, réussi comme entrée en matière.
Après, je crois qu'il y en a eu une ou deux autres du dernier album — que je n'ai pas chantées pour des raisons d'écoute trop dilettante de cet opus. Mais c'est sur Two Minutes To Midnight — un classique — que j'ai commencé à me dire que ça allait être un concert épatant, parce que la voix de Dickinson était dix fois mieux que sur les deux derniers albums.
On a poursuivi avec encore des "nouvelles" chansons, puis il y a eu Dance Of Death, titre sur lequel je n'aurais pas imaginé que le chanteur assure à ce point la partie rapide. Par contre, je crois que là, les guitaristes ont fait à peu près les mêmes solos que sur l'original, ce qui s'est réitéré deux ou trois fois après. Un peu déçue par ce point-là.
Puis, les premières mesures du Trooper se sont faites entendre, Bruce ayant revêtu sa tenue de soldat britannique et récupéré son drapeau anglais. Il a dû descendre à l'octave sur certains passages… Faut continuer les vocalises, hein ! Mais vu que c'est l'une de mes chansons préférées, je peux tout pardonner, tellement la mélodie est géniale.
Ensuite, Blood Brothers, précédée des circonlocutions (en un français très amélioré depuis ça) de Bruce Dickinson, sur le fait que "la nationalité n'a pas d'impowtance, no matter if you're christian, jew, muslim, and so on, nous sommes frèwes de sang !". Inutile de vous dire qu'avec cet accent, il a aurait eu du succès quoiqu'il dise, même si c'est un peu Bisounours. Ceci dit, la chanson elle même est très belle, a ce message très fort, a été écrite par Steve Harris à la mort de son père, et est donc très émouvante. [Ceci était la minute antimetal].

Je n'ai rien a dire sur When The Wild Wind Blows, à part que c'est une chanson molle et sans intérêt, qui n'allait sûrement pas prendre en concert, alors passons.
Après, The Evil That Men Do, très bonne chanson, sur laquelle Eddie fait sa première apparition, et c'est bien choisi, non, dans le style zombie ?
Vint l'in-dis-pen-sable Fear Of The Dark, dont le public a repris l'intro un peu trop mollement au goût d'un Bruce Dickinson consterné. Mais on s'est rattrapés après.
Ensuite, Iron Maiden, chanson bizarre avec la voix de Dickinson (je précise pour les incultes que c'est une chanson du premier album, chantée par Paud Di'Anno, qui a un timbre beaucoup plus punk et beaucoup moins lyrique).
Et Le Grand Eddie de Derrière Le Décor est apparu, et c'était assez spectaculaire (ils ont les moyens, hein).

Après, comme d'habitude, ils ont fait la blague qui ne prend plus, comme quoi c'était fini, et gnagnagna. Il y a donc eu une pause de cinq minutes, et ils ont enchaîné avec Number Of The Beast, la seule chanson que je connaissais absolument par cœur, parce que voilà, quand même, le satanisme à deux balles, c'est rigolo, bien chanté et c'était dans le premier album avec Dickinson, il y a trente ans de cela… Bon, ok, soyons honnêtes, j'adore cette chanson.
Puis, Hallowed Be Thy Name, la seule où les performances vocales de Dickinson ont été moins excellentes que d'habitude. Mais j'ai l'impression que sur cette chanson en particulier, ça ne pardonne pas.
Heureusement, ils on fini sur Running Free, chanson géniale.
La toute fin était bizarre, parce que, un, ils ont fait chanter le refrain (I'm running free, yeah, I'm running free, super complexe) entre les présentations des musiciens, et deux, ils ont clos le concert sur une reprise des Monty Python, vous savez le truc à la fin de La vie de Bryan, le machin dont le titre ressemble à Lock on the bright side of life, ou je sais pas quoi. N'importe quoi. Ils ont passé l'enregistrement pendant qu'ils partaient. Sans ça, la fin aurait été parfaite (même si les fins de bonnes choses ne sont jamais parfaites, nous sommes d'accord).

Bref, ça a été un concert merveilleux, inouï, mirifique, étonnant, mirobolant, gigantesque, impressionnant. Le groupe a été super énergique, présent malgré la fatigue qui s'entendait chez Dickinson (il a inversé ou sauté des bouts de paroles, sur deux ou trois chansons). Je ne sais pas si c'est tout le temps comme ça, mais voilà, ça a fait que je suis sortie euphorique. Même la vue, à la sortie, des journalistes de Canal + qui, au Petit Journal, sont spécialisés dans les reportages décrédibilisants sur les métalleux (vous savez, ceux qui disent qu'ils ressemblent tous à des yétis, etc, le genre qui est drôle mais pas plus de deux minutes), n'a pas réussi à altérer ma joie.

Si on veut être plus trivial, ce concert aura été placé sous le signe de la menthe à l'eau, des tortillas mangées avant, pendant et après, de la bière blanche dans des gobelets en plastique dans un café boulevard de Reuilly, et de la transpiration, entre autres.
Je me suis couchée à minuit et demie quand j'avais brevet le lendemain, mais c'est pas grave.

Sinon, je vous recommande cette chronique, qui retrace la même chose mais en mieux, en plus clair, et du point de vue d'un métalleux aguerri.
Et aussi quelques bonnes photos ici, et là-bas. Et encore une excellente.

2 commentaires:

  1. Alors là je me dois de réagir. When the Wild Wind Blows est monstrueuse, et en live ça rend franchement bien (mieux que je n'aurais pensé). Le "always look at the bright side of life", ils font tout le temps ça, ça fait sortir les gens dans la bonne humeur. Aussi, pour la ola, http://angel.elte.hu/wave/index.cgi mais j'ai pas trouvé de source pour une étude de la vitesse en fonction de la densité des sièges, tout ça.

    RépondreSupprimer
  2. C'est vrai que pour la bonne humeur, cette chanson est relativement efficace ;-) Mais bon, je ne suis pas habituée, alors le décalage m'a fait bizarre…

    RépondreSupprimer