13 août 2011

Cameron, si tu savais...

Notre ami le Premier Ministre anglais David Cameron, c'est sûr, a pris en main la situation post-émeutes. Multipliant les annonces de répression gouvernementale envers les looters (pilleurs), il tente vainement de rassurer les bonnes gens, ceux qui croyaient leurs enfants à la gym, ceux qui pensaient leur copain en train de, sagement, faire la plonge dans un grand restaurant, ceux qui, assis tranquillement dans leur fauteuil, rêvaient à l'avenir de leur entreprise. Et les parents qui, malgré un amour déclaré pour leur fille, la dénoncent aux services de police, l'ayant reconnue à la télé en train de casser une vitrine.

Oui, parce que, non contentes de menacer les réseaux sociaux (Twitter et Blackberry Messenger), méthode empruntée à des gouvernements que nous connaissons bien, les autorités ont mis en place un système d'appels à la délation, montant un écran géant sur un camion au milieu de Birmingham, où passent en boucle des images des émeutiers en demandant aux gens de les reconnaître, créant des numéros spéciaux, des affiches, etc. 1984 n'est pas loin, les Deux Minutes de la Haine non plus. Les gens qui passent devant cet écran doItaliqueivent s'insurger, se scandaliser, pour enfin pouvoir servir la cause du gouvernement, faire leur devoir de bon citoyen...

Cameron veut aussi expulser les logements sociaux des émeutiers, et fait part de son raisonnement :
"L’argumentaire développé par le Premier ministre britannique pour justifier les expulsions est simple : habiter un logement social, c’est profiter des aides mises en place par la société. Participer à des émeutes, c’est s’attaquer à la société. Les deux choses sont incompatibles. Et s’ils devront s’adresser au secteur privé, plus cher, pour retrouver un logement, “il fallait y penser avant” a asséné David Cameron" (source France Info).

Mais Mr Cameron a vu, étant peut-être un brin lucide, que tous ses discours à propos des évènements de ces derniers jours n'ont servi à rien. Alors, il a recruté un expert américain en violences urbaines (oh le beau titre de chercheur). Sauf que tout ça va rester inutile (les liens en italique sont en anglais).

Il est toujours drôle de voir quelqu'un censé être (presque) tout-puissant, que ce soit un de ses parents, son prof ou "son" chef d'Etat se faire dépasser par une situation. Davie est dépassé, alors il mélange tout, s'attaque aux jeunes, aux gangs alors que les émeutiers n'avaient rien à voir avec ça, il veut contrôler Internet alors que c'est impossible, il fait appel à des intellectuels qui vont lui dire qu'il faut faire semblant d'écouter la population... Les journaux, quant à eux, parlent de situation anarchique, ce qui est la chose la plus fausse qu'on ait dite sur ces émeutes. Cameron, si tu savais à quel point tu gesticules en vain...

Bref, on rigole bien grâce à Monsieur Cameron même si ses prises de décision elles-mêmes ne sont pas très drôles.

Pour vous rendre tristes, mon prochain billet sera sur la famine en Somalie.

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