9 août 2011

London calling to the underworld…

Quand je vois ça (Images The Big Picture), je ne peux m'empêcher de penser à ce vieil overdosé de Strummer, qui a quand même rendu un fier service à nos oreilles au vu de ce qu'on entend maintenant en matière de "punk". Lui qui proclamait à longueur de chansons que London's burning, le London calling to the zombies of death, les White Riots, lui qui est mort en 2002, c'est dommage qu'il n'ait pas vécu neuf ans de plus, parce qu'il aurait rigolé.

Là où c'est moins drôle, c'est que London Calling a été choisie comme chanson officielle pour les JO de Londres. Messieurs-dames les politiques veulent se la jouer modernes ? Dans ce cas, c'est raté. Qu'ils ne nous fassent pas croire non plus qu'ils sont devenus rebelles, ce serait risible. Ou alors, explication qui les sauverait du ridicule, ils n'ont pas compris la chanson. Bref, je ne vais commencer sur ce crime contre le rock, je vais m'énerver.

Ces émeutes ont, comme d'habitude, ridiculisé la police — bien que ceux-ci, vous le verrez sur les impressionnantes photos donnée plus haut, aient des déguisements moins bizarres que nos amis CRS — mais les dirigeants s'obstinent à criminaliser les émeutiers. Comme d'habitude. Les émeutiers, en général, sont qualifiés plutôt de pas sérieux, de clowns tristes. Là, c'est une vraie révolte, sauf qu'elle a été complètement décrédibilisée par les médias mainstream. D'ailleurs, "émeutes", ça sonne casseurs, ça sonne jeunes, ça sonne pauvres policiers agressés par des méchants rebelles ; ils ont réussi leur coups, ceux de là-haut, les propre-en-ordre, les gouvernants pris de cours par l'embrasement spontané, incontrôlable, qui les effraie parce qu'il la sentent sincère.
Comme si tout ça ne suffisait pas, Twitter a été accusé d'avoir relayé des appels à la violence, et les utilisateurs qui auraient twitté ce genre de messages sont menacés d'arrestations.
Ce dont ils ne se rendent pas compte, c'est qu'ici ils utilisent sensiblement les mêmes méthodes que la police de Ben Ali, même si c'est sous couvert d'un simple et normal rappel à la civilité et au pacifisme [note du 12.08 : Cameron a aussi menacé de priver les émeutiers de réseaux sociaux, le rapprochement est encore plus flagrant]... Pour continuer dans cette voie, et fort de la longue histoire de l'Angleterre en termes de délation, les autorités ont appelé à dénoncer les émeutiers, et ont rencontré un (trop) important écho sur Internet.

Mais si on réfléchit, qui sont les plus violents dans cette histoire ? Les émeutiers, dont les médias mainstream ont d'ailleurs beaucoup tardé à donner l'opinion et les idées, révoltés, à la situation sociale déplorable et à la colère légitime, en situation d'infériorité face à la police et dont on a donné une image désastreuse ; ou les gouvernants en position de toute-puissance (relative, mais acceptée par l'opinion et donc renforcée), du haut de leurs convictions figées, de leur cynisme, de leur capitalisme roi, de leur politique du chiffre, de leur mépris (et leur peur bleue) des jeunes, du mouvement, du nouveau, du rêve ?

J'admets que la violence des pilleurs est beaucoup plus visible, beaucoup plus impressionnante, mais c'est bien ce que les médias veulent nous donner en spectacle. La violence de l'Etat, elle, est beaucoup plus insidieuse, mais ausis beaucoup plus destructrice, d'autant qu'elle dure depuis un temps qui semble démesuré.

Mais comme le chantaient les Clash :

When they kick out your front door
How you gonna come?
With your hands on your head
Or on the trigger of your gun

When the law break in
How you gonna go?
Shot down on the pavement
Or waiting in death row

You can crush us
You can bruise us
But you'll have to answer to
Oh, the Guns of Brixton

Ah, au fait. L'industrie du disque va morfler encore plus qu'avant, parce qu'il y a eu la destruction d'un entrepôt de chez Sony. On déplore la probable faillite de labels indépendants, moins de Sony eux-mêmes… Et aussi Un article intéressant de Rue89, qui met en rapport la crise financière et les émeutes.
Pour les courageux : un article en anglais sur les évènements, d'un point de vue libertaire.
Et un autre sur Slate.fr, pas libertaire mais excellent.

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